Dournes, Jacques, « Les traditions orales. Oralité et mémoire collective », in Le grand atlas des littératures, Paris, Encyclopedia Universalis, 1990, p.86-89
L’inventaire du fonds d’archives Jacques DOURNES qui mentionne cet article est consultable à partir du site de l’IRFA.
ARTICLE :
Si nous recherchons les premiers témoignages écrits de l’oralité en Occident, nous
pouvons remonter jusqu’à Pausanias, historien grec du IIe siècle, qui, au cours de ses voyages, recueillit coutumes et légendes, faisant ainsi travail d’ethnographe. Au XVIe siècle, les voyageurs occidentaux débarquant au Brésil découvrent les Indiens. Dès lors et jusqu’à nos jours, « oral » sera associé à primitif (mais les Grecs, avant l’usage de l’écriture, étaient-ils des primitifs ?), archaïque, populaire, pré-industriel ; en anglais : preliterate, illiterate. Mais l’oral ne se réduit pas à du non-écrit, négation qui voile sa spécificité. Au Moyen Age, un litteratus était un homme cultivé, même s’il ne savait pas lire.
Le XIX siècle allait être le siècle d’or du folklore. Ce terme anglo-saxon (folk signifiant peuple ; lore connaissance, savoir populaire) ne contient en soi rien de dépréciatif, tant qu’on n’équipare pas populaire et inculte.
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